Projet du réseau

Par François Villemonteix

Constituer ce réseau a pour finalité de faire échanger dans un cadre francophone, autour des questions d’apprentissage et d’enseignement de l’informatique et des technologies informatisées à l’école, des chercheurs issus des sciences de l’éducation, de l’informatique et des sciences de l’information-communication engagés dans des recherches . Le réseau est également ouvert aux professionnels et institutions.

Le vise à permettre d’amplifier la communication autour de travaux en cours ou achevés et d’en assurer la diffusion élargie, aux mondes de la recherche, des professionnels et des institutions éducatives.

C’est enfin l’occasion d’initier ou de consolider des relations avec les acteurs politiques et les institutions publiques d’éducation des pays membres, de construire des collaborations et d’apporter les éléments issus de la recherche permettant d’éclairer la prise de décision, qu’elle concerne l’élaboration de programmes, d’outils, d’organisations et de processus nécessaires pour qu’acteurs de terrain, qu’ils soient formateurs ou apprenants, construisent les savoirs faire d’une société du 21ème siècle (…)

La place centrale de l’informatique

L’informatique a pris une part considérable dans la vie de chacun d’entre nous et qui est aujourd’hui un des principaux moteurs de l’innovation technologique, des transformations de la société et des progrès de la connaissance dans tous les domaines. Elle a un double aspect scientifique et technologique :

  • En tant que science, elle étudie les mécanismes de collecte et représentation de l’information ainsi que les mécanismes de la programmation que nous définissons comme la fixation d’un but et la recherche des informations et des actions pouvant mener à ce but.
  • En tant que technique, elle offre des outils nombreux et de plus en plus puissants pour traiter l’information, la communiquer et la diffuser et elle entre dans la composition de la plupart des outils, des machines et des systèmes industriels modernes, tant au niveau des opérations effectuées que de la surveillance et du contrôle.

Ces deux aspects scientifique et technologique sont intimement liés et il serait vain de tenter de distinguer ce qui est la part de l’un et la part de l’autre. L’enjeu est désormais que tous les élèves, dès le début de leur scolarité, aient accès à ce qui constitue un des fondements de la culture générale et donne des clés pour comprendre le monde contemporain.

Un défaut de conceptualisation chez les utilisateurs non formés

De nombreux travaux sur les connaissances acquises par les usages des technologies de l’information et de la communication ont montré la pauvreté ou l’absence de conceptualisation chez les utilisateurs, qu’elle concerne les logiciels de bureautique (traitement de texte, tableur) ou les moteurs de recherche sur le web par exemple. Ces résultats ne sont en fait guère surprenant, la logique de l’usage n’étant pas celle du fonctionnement du système. Les métaphores des interfaces proposent une représentation de calculs effectués sur des données, vides de signification en elles-mêmes.

Enseigner simplement leurs usages sans analyser les choix sur lesquels ils reposent et les concepts qu’ils mettent en œuvre se révèle une entreprise désespérée. Les travaux sur les connaissances acquises par les usages des technologies de l’information et de la communication ont montré la pauvreté ou l’absence de conceptualisation chez les utilisateurs. Parmi les dispositifs institutionnels en vigueur, les certifications (B2I et C2I2E), centrées sur l’appropriation de compétences présentent l’inconvénient d’écarter les savoirs en jeu lors des utilisations des technologies informatisées en insistant sur les savoir-faire et les procédures. Les compétences à construire ne trouvent aucune base curriculaire dans les disciplines dispensées au cours de l’enseignement obligatoire.

Une absence des curricula de l’enseignement obligatoire

Le monde numérique dans lequel nous évoluons amène à se poser la question de la formation pour tous à l’informatique et aux technologies informatisées. A quoi former ? Quels concepts et notions aborder au cours de la scolarité obligatoire, quelles formes d’instrumentation développer de telle sorte que les utilisateurs assument leur rôle d’acteur sur les machines, qu’ils en aient la maîtrise, pour « faire avec » et développant leur capacité d’action et de création ?

Ces questions ne sont pas nouvelles. Elle ont en général donné lieu à des réponses politiques diverses, fondées sur les priorités accordées à tel ou tel versant de l’opposition informatique-objet d’enseignement vs. informatique-outil d’enseignement.

Comme le rappellent GLB et EV (2014) le terme « numérique », très à la mode, englobe aujourd’hui plusieurs visions reliées à l’utilisation des technologies informatisées. L’ensemble pourrait être comparé à un tétraèdre. Le première face serait reliée aux enjeux sociaux de l’utilisation des technologies, une autre à la technologie éducative, dans sa dimension conception, la troisième serait davantage didactique et concernerait l’utilisation de logiciels didactisés, conçus pour les apprentissages disciplinaires et enfin la quatrième serait reliée à l’apprentissage de l’informatique, c’est-à-dire ce qui a trait à la science du traitement de l’information, organisée autour de l’algorithmique et la programmation, de ce qu’on appelle la science des données et, plus largement, de la connaissance des enjeux sociaux qui lui sont liés.

Ce dernier point fait bien souvent défaut dans les curricula, autant à l’école primaire, l’enseignement secondaire et la formation des enseignants.

Principes d’organisation

L’idée d’un réseau a émergé et s’est aujourd’hui concrétisée. Les sujets pourront y être traités collectivement, les projets donneront lieu à des fédérations plus élargies de chercheurs et professionnels. L’existence d’un réseau a pour vertu de partager davantage de ressources, d’accéder à davantage d’information et d’aider à la construction de réponses plus efficaces aux projets poursuivis. Le réseau AFTIE constitue désormais une structure d’appui, rendant possible l’élaboration, mais aussi la conduite de projets cohérents avec les buts exprimés plus haut.

Le réseau AFTIE prend appui sur plusieurs colloques et revues spécialisées traitant des questions liées à l’informatique en milieu éducative.

Plusieurs revues du champ s’intéressent déjà aux questions de pédagogie instrumentée : STICEF, FRANTICE et ADJECTIF. Ces revues feront écho aux activités du réseau et offriront des opportunités de réalisation de numéros spéciaux sur la question de l’enseignement de l’informatique, en France, comme à l’étranger.

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